Lundi 16 avril 2007
par Pascal Caillerez

La lucarne me présente un héros de pacotille

Adulé par les foules, adoré par les filles

Fabriqué comme un paquet de nouilles

Rien qui ne tranche, rien qui ne souille

Du bonheur en tranche, prédigéré

Le nouveau phare de la pensée

Un nouvel

 

Les ondes me vendent un héros de pacotille

Adulé par les foules, adoré par les filles

Retouché par les jouets numériques

Plastique étudiée au scalpel et à la trique

Se trémousse au gré de la publicité

La nouvelle lumière de la cité

Un nouvel être

 

Les bavards me vantent un héros de pacotille

Adulé par les foules, adoré par les filles

Qui débite de l’opinion fraîche à la pièce

Qui fait et défait au gré du temps les faciès

Se pavane sûr de leurs divines vérités

Le nouveau guide de l’humanité

Un nouvel être moderne

 

Mon esprit me fourgue un héros de pacotille

Adulé par les foules, adoré par les filles

Plus naïf qu’un mouton sorti du berceau

Forgé à coups de slogans et de beaux cadeaux

Je me glisse dans le moule de mes idoles gâtées

Le nouveau désir  de la modernité

Un nouvel être moderne est né

Un nouvel être moderne est né


Mardi 27 février 2007
par Pascal Caillerez
Partir un peu, partir pour rien
Partir aujourd’hui, partir demain
Partir d’ici, partir sans fin
Partir sans rien, partir sans faim

Partir de là pour aller où
Partir de là pour Tombouctou
Partir d’ici pour faire quoi
Partir d’ici mais avec toi

Partir déjà pour faire le fou
Partir aussi pour être moins mou
Partir alors mais jusqu’où
Partir enfin rien que pour nous

Partir un peu, partir pour rien
Partir, partir, se tenir la main
Partir d’ici, partir sans fin
Partir, partir, s’aimer pour rien

Partir, partir pour faire de l’or
Partir, partir mon beau trésor
Partir, partir au bout du monde
Partir, partir ma belle terre ronde

Partir toujours sans revenir
Partir sans adieu ni soupir
Partir pour la vie pour l’amour
Partir, partir rime avec toujours

Samedi 30 décembre 2006
par Pascal Caillerez
Je suis la proie des journalistes, homme d’affaires et autres politiciens. Ils désirent mes lumières. Alors je la leur donne. Et je ne manque pas d’ampoules !! Infatigable dans le conseil, irréductible de l’analyse, je jongle avec mes statistiques et résultats d’enquêtes avec un docte air. Je suis celui qui sait, à défaut d’être celui qui est.

Enfin, celui qui fait comme s’il savait. Le tout c’est de savoir, non pas de quoi on parle, mais comment on en parle. Je ne pratique aucun des métiers que j’ausculte, pas plus de connaissances des produits que j’examine et encore moins de qualification en fait pour l’ouvrir sur quoi que ce soit. Dans le fond, c’est pas bien grave. L’important ne se cache pas là. J’ai ma méthode pour pallier à tout ça.

Plus le nombre de barbarismes, syllogismes abscons et de jargon employé s’envole, plus le succès suit la même pente. C’est mathématique. La seule chose qui le soit d’ailleurs dans la prédiction et l’expertise. Car, en dépit du nombre de chiffres que je suis capable d’aligner dans un rapport ou une causerie, rien n’est scientifique. Encore moins que les statistiques, c’est dire.

Alors moi, j’interviens dans le sens du poil. Je conforte les moutons d’avoir choisi tous la même camelote. Pour faire sérieux, je vais mettre en garde deux fois par an sur des trucs style : « Attention, si vous n’investissez pas, vous ne serez plus dans la course à la compétitivité » ou autre totologie du même tonneau. A l’image de ces philosophes de comptoir qui pensent que la guerre, c’est pas beau, et que la misère, c’est triste !

 Mais ça marche. Je suis un faux prophète qui s’adresse à de faux disciples. Chacun a envie d’entendre une bonne parole qui fait marcher le bizness. N’oublions pas qu’il s’agit de vendre. C’est une affaire sérieuse.

Je suis là comme rouage et huile pour que le système tourne et ne s’enraye pas. Je sers de caution à tous les dirigeants. Une sorte d’arbitre, et de monsieur météo du climat économique et des tendances financières. Un aiguilleur du comportement, plus élitiste que les publicitaires… mais on vend la même came. Le bonheur, la réussite, la valorisation sociale. La différence se situe sur la cible, la pub vise large et moi réduit, le top uniquement. Mais qui va servir mes (forcément judicieuses) conclusions au bon peuple pour mieux faire avaler leurs propres couleuvres.

Si un patron licencie, ce n’est pas pour laisser la patate chaude à la collectivité, libre à elle de se démerder avec les chômeurs. Non, c’est parce que le marché l’exige, les actionnaires et les fonds de pensions, les usuriers et esclavagistes d’aujourd’hui ! Et moi je suis là pour lui amener les chiffres et rapports adéquats. Je sers d’emballage à la rapacité des nantis et de poudre aux yeux pour les autres.

La technique est simple. Je fais du sondage et j’extrapole en fonction de qui commandite l’étude. Faut pas décevoir le chaland. Le mécanismes, simple, est rodé comme ma bagnole de sport allemande. J’envoie des questionnaires imbitables à une populace visée, directeur de ceci, responsable de cela. Comme le but est, grosso merdo, de savoir si ce qu’ils font ou ce que fait leur entreprise est bien ou pas, les réponses sont autant biaisées. Tout ce petit monde se met en avant. Logique. Un responsable de quoi que ce soit va pas dire que ce qu’il a mis sur pied est naze et a coûté un pognon dingue à sa tôle pour des nèfles.

D’où mon indispensable job ! Et c’est dans les médias que je mérite vraiment mon argent en défendant la bonne cause face aux journalistes, la plupart des connaissances avec qui je déjeune régulièrement. Ca évite les mauvaises surprises. Et ça me permet de briller lors des dîners en ville ou réceptions mondaines. Là où j’élargis mon cercle d’initiés et de futurs clients. Tant pis pour les poires qui m’accordent leur crédit. Moi, je vis dessus.

La vie est quand même bien faite.

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