D’écrits de joie…
Ah je ne sais pas pourquoi, mais je le sens mal cet ascenseur. J’ai déjà une sensation d’enfermement rien qu’en l’attendant. Dans cet espace fonctionnel gris et terne, qui remplit son office d’espace fonctionnel de petit hall d’attente pour ascenseur sans fenêtre, je ne vois que cette façade métallique grise qu’égaye cette fade lueur rougeâtre ; et une flèche qui m’annonce que mon appel est bien enregistré et que la machine infernale se dirige inéluctablement vers moi. Je me sens mal alors que les portes de cette cage à tortures ne sont pas encore ouvertes. Ressaisis toi mon gars, tu ne dois pas foirer ce rendez-vous. Tu n’auras pas deux occasions pareilles, fais bonne figure !
Ca y est, le monstre m’offre sa gueule béante. Bon, courage, j’y vais. Comme à l’abattoir. Je n’aime pas être seul dans cet engin, et là, en plus, trône un grand miroir. Je ne peux même pas échapper à ma mine déconfite. Seul avec moi-même, ça fait trop de monde dans ces circonstances. Pas d’échappatoire, vas-y, appuie sur le trois ! C’est juste deux minutes de souffrance et ciao ! Le calvaire sera derrière toi ! Pense plutôt à ce que vas te rapporter ton rencard.
Les portes se referment. Le voyage de l’angoisse commence, sans attacher sa ceinture. Je tourne le dos à la glace. Je n’arrive pas à me regarder tellement je me décompose à vue d’œil. Et puis il fait une chaleur d’enfer dans cette prison mouvante. Je sens une goutte de sueur froide qui traverse mon épine dorsale, bien lentement, et, dans le même temps, je rougis de honte, de chaleur ou de peur… je ne sais pas…
Pourquoi je n’arrive pas à déglutir, c’est pire que l’avion. Il y a un problème d’aération dans l’ascenseur ? L’air conditionné est-il vicié ? Je vais suffoquer. Je ne peux ôter ma cravate, j’ai trop mis de temps pour faire le nœud. Je ne peux pas non plus déboutonner mon col de chemise, je vais arriver tout chiffonné à mon entretien. Pourtant, ce n’est pas l’envie qui manque.
Ce n’est pas vrai, je ne suis pas encore arrivé au premier étage ? Je ne ressens aucun mouvement, je suis bien parti au moins ? Je suis oppressé. Merde, il bouge ou pas ce tas de ferraille !
Ah si, premier étage passé. Le tiers du cauchemar s’évanouit, et moi sous peu si ça continue.
Certains ascenseurs, comme certaines personnes, me sont antipathiques dès le premier regard. Celui-là, il est champion du monde, de l’univers et de sa banlieue.
Ca y est, je transpire désormais à grosses gouttes. Je risque un œil vers le miroir. Spectacle de désolation, j’apparais comme rouge carmin. Et la lumière blafarde du néon ne m’avantage pas… quel effet terrifiant… c’est moi cette loque rougeaude et moite ? Je ne me sens pas bien du tout. Je vais appeler la sécurité, oui, c’est une bonne idée. J’ai envie d’exploser, de m’arracher mes vêtements… j’étouffe… à l’aide !
Deuxième étage. Ah la porte s’ouvre. Enfin. Un peu d’air frais, même conditionné, investit mon lieu de tourment. J’ai envie d’être chez moi, de siroter un café en terrasse, d’espace, de liberté !
L’horreur. Une femme monte. Son parfum envahit la cabine. Si je n’aime pas être seul dans ces engins, j’aime encore moins être accompagné. Elle me regarde bizarrement. Je dois donner l’impression d’un fou évadé d’un quelconque asile. Je me sens prisonnier d’un étau sans savoir où me tourner. Ni face à mon reflet dépité, ni face à elle. Je vais m’arracher les cheveux… je me liquéfie, je coule… Je vois ma vie professionnelle s’enfoncer dans les abysses à cause de trois malheureux étages et d’une saloperie d’élévateur. En sortant, j’aurai l’air d’un zombie. Comment passer pour un jeune cadre dynamique motivé dans ces conditions ?
Cruel. Je me sens mourir à petit feu. Ma vie… NON ! Arrête, tu ne vas pas crever comme ça en face de cette blonde. Courage, regarde toi : les cheveux affolés, les yeux hagards, la sueur qui te dégouline de partout…Un vrai cinglé ! Elle doit me croire barge, déjà moi, je me le demande…
C’est infernal, ce trajet me semble long, interminable, je vais me retrouver sur la lune. Je n’ose regarder la femme tellement je me fais peur. Et son parfum… il me donne la nausée. Pourtant, il est plutôt discret et de bon goût, mais rien ne passe. Je vais y passer moi, je suis compressé dans ce monte-charge à la noix.
Quel choc ! La machine infernale s’arrête. Vite, dehors ! Je bouscule la blonde dès que les portes entament leur ouverture. Je me précipite vers la liberté, l’espace. Je m’éjecte de ce cercueil, haletant, ébouriffé, ivre de panique.
L’urgence : des toilettes. Je dois absolument reprendre forme humaine, récupérer. Je reviens d’un marathon de l’horreur couru sur les mains ! Ah, au moins les toilettes sont indiquées.
Quel bonheur ! Je suis courbaturé, lessivé mais heureux d’être sorti du clapier confiné, fini le sentiment de l’enterré vivant. Bon maintenant, chose sérieuse. Mon avenir professionnel est en joue, feu ! Après trois litres d’eau fraîche passé sur mon visage, un coup de peigne, je reprends mon souffle, tranquillement. Mieux vaut un petit retard et apparaître frais et vif comme un gardon, plutôt que ponctuel avec une gueule de fantôme défraîchi.
Autre épreuve, mais légère cette fois-ci : trouver le bureau 313 dans ce défilement grisâtre de portes identiques sans âme qui vive dans des couloirs éclairés là aussi par des néons anonymes.
Voilà, je l’ai ! Allez, on respire un bon coup et énergie, dynamisme, motivation, sourire carnassier, le cadre idéal entre en lice, ça va faire mal. Je suis prêt à bouffer le monde. J’entre. Bureau classique, gris, néon, plante verte, photos de familles, post-it, ordinateur, téléphone, siège et être humain plutôt bien foutu dessus. Bonjour mademoiselle, j’ai rendez-vous avec blabla, formalités d’usage. Je suis en fait à l’heure, sûr de moi… je le sens ce job ! Il est fait pour moi à en croire l’annonce.
Quel con, mais quel con ! Je me suis trompé de jour ! C’est demain. Merde et merde et remerde, je vais devoir me retaper cette saloperie d’ascenseur pour descendre. Et rebelote demain. En fait, j’en suis persuadé, il est naze ce boulot !
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Bonsoir,
Je te remercie d'avoir choisi ma communauté pour publier tes textes, poèmes, musique...tu es le bienvenu, comme tu es un membre de la communauté "île des poètes immortels", je voudrais bien que tu rejoignes notre forum et faire une présentation de toi pour faire plus connaissance avec les membres de la communauté et partager en même temps nos passions, nos peines, nos joies... et échanger aussi nos idées
Samia, Bises
bonsoir, pas de problème je rejoins le forum
bizz
Bonsoir,
J'ai lu ton histoire d'ascenseur jusqu'à la fin, je ne sais pas si elle est vraie mais pour y retourner, ça sera peut-être un cauchemar plus que le premier, car je sais cette sensation de la peur pour un entretien mais il faut seulement avoir du courage...
Ton texte est sublime car c'est bien écrit pour parler de l'angoisse qu'on peut ressentir pour un entretien d'embauche
Bonne nuit
Samia
Bonsoir Pascal,
FUXA et FUXY, les renards du terrier, te souhaitent la bienvenue dans la communauté littéraire du terrier des renards : "Les chroniques de la meute".
Au plaisir d'y découvrir tes futurs billets...
Bonne soirée,
Amitiés du terrier des renards....
Alors çà, si ce n'est pas de la claustrophobie, c'est que je n'ai rien compris...
Bonjour,
FUXA et FUXY, les renards du terrier, te souhaitent un très joyeux Noël et de très bonnes fêtes de fin d’année à toi et à l’ensembles des membres de ta famille ainsi qu’à toutes les personnes de ton entourage qui te sont chères.
Que ces fêtes de fin d’années t’apportent joie, paix et amour.
Que cette nouvelle année qui arrive ne soit pour toi et tes proches que bonheur et réussite et cela dans tous les domaines de ta vie.
BONNES FETES DE FIN D’ANNEE,
Amitiés du terrier des renards…